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 | Le vert ne te va pas au teint. - ft. Mei X.

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MessageSujet: | Le vert ne te va pas au teint. - ft. Mei X.    Ven 24 Juin - 0:57

「 Le vert ne te va pas au teint, le rose non plus. Mais sais-tu porter le chagrin ? 」

Mei & Eduard
Le 9 juin 1992 n'avait rien de particulier pour Eduard. C'était une date comme une autre, une case sur un calendrier, un jour banal à tous points de vue. Il comptait évidemment passer sa journée de la même façon qu'il passait toutes les autres. Se lever, aller en cours, supporter l'ignoble concert, se détendre un peu dans sa chambre ou au foyer, et dormir du sommeil du juste une fois ses devoirs ou ses extras terminés. En théorie, ce 9 juin n'était pas intéressant à raconter, point final. Et pourtant, un évènement insignifiant allait quelque peu détourner sa routine pourtant méticuleusement calculée pour terminer sur un coucher avant minuit.

Ca s'était passé un peu avant la fin du temps du petit-déjeuner. Il était, comme à son habitude, sorti quinze minutes avant la fermeture du réfectoire. Pour digérer le copieux mais nécessaire repas, il avait fait son habituel détour, passant par l'extérieur pour rejoindre la partie internat. C'est là qu'il avait remarqué la voiture qui s'était garée devant l'entrée de l'école. Sa curiosité piquée, il s'était adossé au mur et avait attendu un peu. Car quand une voiture s'arrêtait à Prufrock, c'était soit un officiel qui venait aux nouvelles, soit un nouveau membre du personnel qui arrivait, soit un nouvel élève. Et les seuls élèves susceptibles d'arriver en cours d'année à Prufrock, c'étaient les orphelins. Ceux qu'on parquait comme des animaux pour ajouter un peu à leur malheur. Eduard n'avait jamais vraiment compris cette pratique, et essayait, à chaque nouvelle arrivée d'orphelins, de comprendre à quoi ce manège ridicule et cruel pouvait bien servir.

Il avait suivit du regard la jeune fille propre sur elle qui était sortie de la voiture. Elle avait été, comme tous les autres, conduite dans le bâtiment administratif. Il n'avait pas pu y mettre les pieds depuis des années, depuis sa rentrée, en fait. Il avait été convoqué deux jours après le début des classes, car Néro avait acheté du matériel informatique "de pointe" pour l'Institut, et le tenait pour responsable des bugs. Fallait le comprendre, c'était la société de son père qui les fabriquait. Eduard avait donc été obligé d'écouter sa longue tirade de reproches pendant une bonne heure avant d'être enfin autorisé à sortir. Il avait été, au passage, privé de chaussures pour la semaine. Qu'à cela ne tienne, ce n'était pas lui qui lavait ses chaussettes.

Mais l'arrivée de cette nouvelle élève était un petit chamboulement dans son programme si bien rangé. Un bon chamboulement. Peut-être savait-elle des choses qu'il ignorait. Peut-être aussi qu'elle ignorait que ce qu'elle savait avait une quelconque importance. Et même si elle ne savait rien, il était impératif pour notre jeune estonien de se la mettre dans la poche dès le premier jour. C'était même vital. Peu importe que ça soit la dernière des cruches ou un prix Nobel de physique, elle devait lui faire confiance d'une manière ou d'une autre.

Pour se faire, il alla très vite terminer de se préparer, et ne profita pas de la petite demi-heure de battement qui lui restait avant le début des classes pour se faire une petite partie de Pac-man. Non non. Il alla directement dehors, derrière le bâtiment du pensionnat, là où se trouvait l'ignoble Bicoque aux Orphelins. Il attendit que la petite nouvelle arrive et découvre l'endroit, il avait prévu de lui laisser quelques minutes pour encaisser le premier choc qu'était cette "annexe". Et c'est seulement après une poignée de minutes, quand le silence était bien retombé, qu'il s'avança d'un pas assuré vers la Bicoque, une thermos de thé bien chaud à la main. Poli, il donna un léger coup sur la paroi extérieure de la Bicoque, ne voulant pas s'imposer comme un malpropre dans ce qui, désormais, était le refuge d'une jeune fille qui avait manifestement perdu beaucoup.
9 juin 1992 - Arrivée de Mei Xiao à J. Alfred Prufrock
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MessageSujet: Re: | Le vert ne te va pas au teint. - ft. Mei X.    Ven 24 Juin - 3:00


Le vert ne te va pas au teint.
Oh simple thing, where have you gone ? I'm getting old and I need someone to rely on, so tell me when you're gonna let me in. I'm getting tired and I need somewhere to begin.

Il est des choses que la vie nous réserve et dont on se passerait bien. Parmi ces choses citerais-je les lundis matin, les enfants qui hurlent, le vent qui décoiffe, le vieux pervers dans le métro, la chaleur écrasante, la coupure au doigt par papier, les œufs pourris et la perte de proches. En plus d’avoir perdu ses parents, Mei avait perdu la quasi-totalité de ses affaires, n’ayant pu récupérer que les vêtements qu’elle portait sur elle et le contenu de son sac à main, aussi avec elle en ce jour tragique. Avaient disparu dans les flammes la maison qui était censée marquer un nouveau départ, son père, doux, aimant, aventureux, sa mère, juste, généreuse, sévère pile ce qu’il fallait. Les photos de famille, le mobilier, la machine à écrire, ses dessins de petite fille, le collier de nouilles de la fête des mères, le diplôme avec la photo gênante de l’école, sa chambre, son petit nid douillet, sa précieuse garde-robe, son journal intime, son stylo préféré. Les articles de papa. Les dossiers de maman.

« Oui mais au moins, vous êtes en vie », avait murmuré le notaire sur un ton compatissant. Peu professionnelle, cette remarque déplacée envers une adolescente de 15 ans en deuil aurait pu lui coûter son travail, mais l’intéressée était trop occupée à observer son walkman dans lequel était inséré un CD qui ne jouait qu’un single. Si elle avait su, elle aurait pris une compilation avec plus de morceaux, mais qui peut prévoir de tout perdre dans un incendie en quelques heures ? Et surtout, si elle avait pu prévoir, elle ne se serait sans doute pas soucié de sa musique, mais d’autres choses. Elle n’avait pas pu voir les cadavres calcinés de ses parents, bien heureusement, en revanche la carcasse de la maison ne lui avait pas été épargnée. Après tout, ce n’était qu’une maison.

Elle sentait encore l’odeur. Elle avait l’impression que ses poumons s’étaient remplis de cendres, et les quelques hoquets qui avaient suivi ses larmes lui donnaient la sensation de couteaux plantés dans sa poitrine. Elle serait morte si ses copines et elle n’avaient pas eu envie d’aller boire un bubble tea en ville pour parler des garçons de leur classe. Elle aurait brûlé. Elle n’aurait pas à entendre la lecture du testament, ni à devoir supporter l’homme en costume noir qui ne lui parlait que de soucis d’héritage et de taxi.

On ne lui avait accordé qu’une nuit de répit, comme si ça suffisait à effacer tant de peine. C’est les yeux cernés qu’elle fit le voyage jusqu'aux Etats-Unis. Dans la voiture qui la conduisit à l’Institut auquel le testament de ses parents faisait référence, Mei resta le regard figé sur la vitre. Elle observait le paysage sans vraiment le regarder. Un bruit sourd résonnait dans sa tête. Elle avait réalisé. Elle avait juste réalisé, en sortant de la voiture, qu’ils n’étaient plus là. Pour toujours.

Elle n’avait pas été impressionnée devant l’aspect atypique des bâtiments du campus. Elle n’avait pas baissé le regard devant le proviseur-adjoint détestable et quelque peu raciste qui ne pouvait s’empêcher de faire allusion aux citrons, aux nems et à toutes sortes de choses jaunes. Chose idiote, puisqu'on ne cultive pas particulièrement les citrons à Taïwan, que les nems sont vietnamiens et qu’elle n’avait pas particulièrement le teint jaune. Pour être honnête, tout ça lui passait un peu au-dessus. Mei ne pensait qu’à ses amies qu’elle ne reverrait sans doute jamais, ce beau garçon auquel elle aurait dû dire qu’elle l’aimait bien, cette note de mathématiques qu’elle aurait voulu rattraper, l’article de son père qu’il lui avait demandé de lire et qu’elle avait repoussé au lendemain par flemme, sa mère qui lui avait préparé son plat préféré la veille, ces horribles cœurs roses sur fond vert fluo, ces ballots de paille qui lui serviraient de lit, cette moisissure dégoûtante qui gouttait du plafond, le froid qui s’infiltrait sous la porte mal isolée, et surtout, les petits crabes dont les pinces claquaient. Elle ne savait même pas que les crabes pouvaient vivre loin de la mer.

Mei ne le savait pas. Des crabes loin de la mer. Ça lui semblait absurde. Pourtant ils étaient bien là. Ils étaient bien là ces crabes. Ils essayaient de réduire ses baskets en lambeaux. Il y avait des crabes dans sa chambre. Sa « chambre ». Des crabes.

- Des... Crabes...

Aussi absurde les réactions humaines soient-elles, à force de penser à ces bestioles apparemment terrestres et non aquatiques, la Taïwanaise fondit en larmes. Pas pour ses parents, ni pour ses affaires, ni pour ce pays qu’elle ne connaissait pas, ni pour ce mur qui agressait les yeux, mais pour le simple fait qu’elle n’avait jamais su que des crabes pouvaient vivre dans de telles conditions. Son ignorance la sidérait plus que le concert de violon horriblement mal joué et évidemment obligatoire du proviseur-adjoint, tous les soirs. Plus que l’absurdité de l’endroit. Plus que tous les films affreusement tristes qu’elle avait pu regarder. Plus que son walkman dont la pile était épuisée.

C'est lorsqu'on frappa la paroi fine de la bicoque que Mei reprit contenance. Elle renifla, hoqueta une fois, deux fois, et tâcha de respirer doucement. De la manche trop longue de son pull gris, elle s’essuya le visage et inspira. Elle sourit. Et ouvrit la porte qui grinça, bien évidemment, avant de laisser apparaître un garçon. Blond, yeux bleus, grosses lunettes et vêtements bien repassés, il avait tout du jeune homme sage et intelligent. Physiquement parlant, en tout cas. La jeune fille eut un regard pour la thermos, puis ses yeux bridés, bien qu’un peu abîmés par un manque de sommeil flagrant et ses très récentes larmes, vinrent de nouveau se poser sur son visage de premier de la classe.

- ... Oui ?

Elle vira d’un coup de pied en arrière un petit crabe curieux qui aurait adoré lacérer le cuir haute qualité des chaussures du visiteur.
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MessageSujet: Re: | Le vert ne te va pas au teint. - ft. Mei X.    Jeu 14 Juil - 13:40

「 Le vert ne te va pas au teint, le rose non plus. Mais sais-tu porter le chagrin ? 」

Mei & Eduard
Eduard avait, depuis sa plus tendre enfance, été habitué à être choyé et à avoir le meilleur, dans la limite de ce que ses parents pouvaient lui offrir. En effet, avant de s'occuper d'eux-mêmes, les époux Tammsaare prenaient soin d'Eduard en priorité. Leur fils unique passait avant tout, quoi qu'il arrive. Il n'avait donc jamais manqué de rien, même si ça signifiait que ses parents devraient se contenter de manger des pâtes. Et cet état de fait ne s'était pas arrangé avec les énormes rentrées d'argent du couple. S'il était gâté, Eduard n'était en revanche pas pourri. Tout ce qui permettait d'améliorer ses performances scolaires, intellectuelles et sportives lui était offert de manière illimitée, mais tout ce qui relevait de l'extra, de l'amusement et du frivole, il devait le mériter, que ça soit par ses notes ou par son comportement.

Un garçon comme lui, donc, se serait retrouvé perdu si, du jour au lendemain, il s'était retrouvé forcé de partager son lit avec des crabes terrestres. Ou, dans le cas présent, sa botte de foin. Quelque chose dans cet endroit le rebutait pourtant plus que les crabes, la moisissure, ou les ignobles coeurs roses accrochés aux parois. Il y avait dans cette bicoque comme une atmosphère lugubre, sinistre. Comme s'il s'agissait de l'antichambre d'une pièce bien pire encore. Comme le présage qu'il avait toujours pire, même quand on était déjà dans de beaux draps. Mais quelque chose lui disait que la nouvelle occupante des lieux n'avait pas nécessairement envie de se perdre dans les mêmes considérations philosophiques que lui. Ce qui serait plus que compréhensible au vu de sa nouvelle situation qu'on pouvait aisément qualifier de précaire.

- Je peux m'asseoir ? demanda-t-il après avoir suivi le vol plané que Mei avait fait faire au crabe qui voulait s'en prendre à ses chaussures

Il resta debout, enfin, dans la mesure du possible. Eduard n'était pas bien grand pour un garçon de son âge, certes, mais le "plafond" de la bicoque n'était apparemment pas prévu pour des gens dépassant le mètre 20. Connaissant déjà l'aspect particulièrement repoussant de l'endroit, il ne s'attarda pas dessus et préféra détailler Mei du regard. Il mentirait s'il disait qu'il ne la trouvait pas plutôt jolie. Elle avait des traits harmonieux et son apparence physique générale correspondait au style de filles sur lesquelles le regard inquisiteur de notre Estonien pouvait s'attarder. Mais ce n'est pas la réflexion qu'il se fit en remarquant ses yeux rougis et ses joues légèrement humides. La première pensée qui lui avait traversé l'esprit, c'était qu'une fille comme elle portait mal le chagrin. Certaines femmes étaient d'autant plus belles qu'elles étaient tristes, mais Eduard estimait que le visage de Mei serait bien plus beau auréolé d'un sourire.

Aussi, il vira d'un coup de pied plusieurs crabes qui s'étaient agglutinés entre eux sur le sol humide. Puis, il étala un mouchoir en tissu sur le dit sol, avant d'y disposer quelques sachets de sucre, un petit pot de lait en plastique, comme ceux servis dans les avions et une cuiller en plastique, le tout piqué à la cafétéria du personnel. Il versa un peu du thé fumant de sa thermos dans la tasse qui allait avec et lui tendit.

- J'ai pensé qu'un peu de chaleur vous ferait du bien. Par contre, je ne sais pas comment vous prenez votre thé. A moins que vous préféreriez le café, et dans ce cas je m'en excuse et je vous en apporterais volontiers après les cours. Je vous ai pris du Earl Grey, dans le doute.

Eduard avait tenté comme il pouvait de lui faire un accueil de fortune, ne sachant pas à quel niveau de vie était habituée la jeune fille, il avait pensé que de ramener un plateau luxueux aurait été de mauvais goût, en sachant qu'elle n'y aurait pas accès au quotidien, dans cette annexe délabrée. Puis, il estimait qu'un accueil simpliste mais à l'apparence sincèrement sympathique valait mieux qu'une fête pompeuse. Surtout auprès de quelqu'un qui avait perdu tout repère, des êtres aimés et un peu de sa dignité en s'installant dans l'annexe la plus dégoûtante des Etats-Unis. Avec un sourire enjôleur, Eduard lui tendit la main.

- Mais je suis impoli, je m'appelle Eduard Tammsaare, et c'est ma cinquième année d'études à l'Institut Prufrock. Et vous, quel est votre nom ?

9 juin 1992 - Arrivée de Mei Xiao à J. Alfred Prufrock
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MessageSujet: Re: | Le vert ne te va pas au teint. - ft. Mei X.    Ven 15 Juil - 15:36


Le vert ne te va pas au teint.
Oh simple thing, where have you gone ? I'm getting old and I need someone to rely on, so tell me when you're gonna let me in. I'm getting tired and I need somewhere to begin.

Mei n’était pas une fille très grande, que ce soit pour son âge ou en général, puisque sa croissance était déjà achevée, même si elle ne le savait pas encore. En effet, même à Taïwan, son mètre cinquante était considéré comme petit. Au risque de me répéter, vu son jeune âge, personne ne s’inquiétait de ce chiffre quelque peu ridicule, même si toutes ses copines étaient plus grandes qu’elle. Le plus drôle à voir était que ses jambes occupaient la majorité de son corps. Alors non, ses cuisses ne démarraient pas à ses clavicules, n’exagérons rien. Mais elle avait bien 90 cm de jambes, peut-être un peu moins, il faut dire qu’elle ne s’était jamais amusée à mesurer ses jambes. Je le sais juste parce que c’est moi qui écrit.

Tout ça pour dire que si Eduard devait se pencher dans cette bicoque ridicule, elle le devait aussi, à 30 cm près. Et de par les proportions particulières de son corps, Mei préférait plier les genoux plutôt que de courber son dos, ce qui pouvait lui donner un petit air amusant, malgré son visage d’enfant qui n’a pas dormi depuis deux jours. Elle donnait l’impression de vouloir s’asseoir, sans s’asseoir. De ce fait, avant même de se demander ce que cet inconnu pouvait bien avoir à faire ici, elle se fit la réflexion que, le pauvre, aurait vite mal au dos. Aussi, entendant sa requête, Mei balbutia un « bien sûr », quelque peu surprise, et s’empressa de tirer un ballot de paille pour l’arranger du mieux qu’elle put pour qu’il soit un minimum bien installé, même si l’expression « bien installé » aurait fait rire jaune n’importe qui dans cette situation, et sans mauvais jeu de mots sur les origines asiatiques de la jeune fille.

Après quoi, elle s’assit enfin, en face de monsieur. Elle l’observa disposer le service à thé de fortune, et compris plus ou moins qu’il était juste là pour l’accueillir. Peut-être la réconforter un peu. Et pour une fois depuis le décès de ses parents, elle se sentait un petit peu plus légère. Après tout, ce garçon ne la connaissait ni d’Eve ni d’Adam. Ainsi, il ne lui prendrait pas la tête avec des questions d’héritage. C’est ce qu’elle pensait, et ça la soulageait quelque peu. Car si elle avait pu échanger toute la fortune de ses parents contre leur vie, elle l’aurait fait. Habituée, elle aussi, à avoir un peu tout ce qu’elle voulait, l’argent n’était à ses yeux que des bouts de papier et de métal sans importance, et qu’on puisse la harceler à ce point sur le pactole de sa famille disparue la plongeait dans l’incompréhension, la colère, le dégoût et enfin la tristesse. Désolée joie et peur, ce sera pour une autre fois.

- Je… Je préfère le thé. Avec du lait. Et sans sucre.

Un peu décontenancée par les événements, Mei remis nerveusement une mèche de cheveux rebelle derrière son oreille, et leva les yeux vers son visiteur imprévu. Elle se rappela l’espace d’un instant sa promesse à ses parents de ne jamais sucrer son thé, à son grand désarroi puisqu'elle adorait le sucre, mais cette pensée fut vite remplacée par le détail du visage du jeune homme. Elle avait rarement vu des personnes typées occidentales en dehors des films, clips musicaux et publicités, bref, rien de vraiment « réel » avant son arrivée aux Etats-Unis. Dans d’autres circonstances, elle l’aurait trouvé très mignon, mais actuellement, son cerveau était occupé par un tas d’interrogations sans queue ni tête.

Elle tira un peu sur ses manches avant de prendre la tasse fumante dans ses mains, pour ne pas se brûler. Elle le remercia, avant de souffler doucement dessus, puis le regarda de nouveau. Son sourire avait quelque chose de particulier. Un de ces sourires de star qui ferait tomber la culotte de toutes les fangirls en un claquement de doigt, ou un petit clin d’œil, ou encore un regard des plus brûlants. Et je vais arrêter de parler de brûlure parce que ça devient morbide, mais vous avez compris le topo. Elle se retrouvait dans un petit espace confiné des moins accueillants avec un garçon ma foi très agréable à regarder, et pourtant, tout ce qui lui traversa l’esprit fut : « pourvu qu’une goutte de moisissure ne tombe pas sur ses lunettes, ça doit être incroyablement pénible à nettoyer ».

Mei détacha doucement sa main droite de sa tasse pour serrer un peu maladroitement celle d’Eduard, si bien qu’elle dû s’y reprendre à plusieurs fois pour que ses doigts tremblants ne fassent pas n’importe quoi sur la paume du pauvre bougre. De nature nerveuse, la jeune fille ne tarda pas à sentir ses joues se teindre de pourpre, si bien qu’elle récupéra vite fait bien fait sa mimine et s’empressa de boire une gorgée de thé pour se cacher derrière la tasse.

- Je m’appelle Mei… Et vous pouvez me tutoyer…

Non pas qu’elle soit mal à l’aise devant tant de politesse, mais elle n’était pas une grande dame, et si ce blondinet s’attendait à grâce et distinction de sa part, il se trompait grandement. Elle eut un peu honte sur l’instant, ne sachant comment réagir devant tant de luxe et de classe. Eduard avait l’air de sortir d’un film sur la famille royale d’un quelconque pays d’Europe, alors qu’elle, malgré le statut social de ses parents, était juste une fille comme une autre qui aimait la mode et rire de tout et de rien avec ses amies. Elle avait été bien élevée, évidemment, mais sa famille n’eut jamais d’excès de politesse ainsi. Aussi avait-elle l’impression d’être le répugnant crapaud et d’essayer de communiquer avec la ravissante colombe.

Mei finit rapidement sa tasse, comme pour reprendre contenance, puis regarda de nouveau cet étrange visiteur. Elle ne pouvait s’empêcher de se demander s’il avait un statut spécial dans l’école, si c’était un élève lambda un peu trop curieux, ou s’il avait quelque chose derrière la tête. Cette dernière pensée la fit tirer sur le col de son pull pour le remonter. Sait-on jamais. Un rapide calcul lui permis de savoir qu’il devait avoir autour de 16 ans, et que de ce fait, ils avaient quasiment le même âge, même si on lui avait dit qu’elle irait dans la classe des quatrième année. Après tout, son anniversaire n’était pas très loin. Mais elle s’en préoccupait très peu.

- Et euh… Tu es… Le délégué.. ?
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