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 Contexte du Forum

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Date d'inscription : 28/05/2016
MessageSujet: Contexte du Forum   Mar 31 Mai - 16:36

S'il y a bien quelque chose qui peut rendre un endroit morose plus morose encore, c'est la pluie. Les nuages gris et épais qui alourdissent le ciel et crachent leurs larmes gelées sur les pauvres badauds qui passent ont le chic pour tirer vos traits vers le bas, et apporter même au plus beau des bâtiments un aspect sinistre. Malheureusement pour les pensionnaires de l'Institut J. Alfred Prufrock, il pleuvait à chaque rentrée, même s'ils ne connaissaient que de très loin le mot vacances.

Au moment où j'écris ces lignes, l'Institut J. Alfred Prufrock, ou simplement Prufrock, a fermé définitivement ses portes, après que Mme Alose ait été jugée pour braquage de banque. Il ne restait plus personne pour défendre ce bastion imprenable de l'élitisme crasse américain. Je dirais que c'est une bonne chose, car quand on sait quels terribles évènements se sont produits en son sein, on ne saurait regretter le temps où le pensionnat était ouvert.

J'y suis retourné afin de dénicher quelques informations supplémentaires pour mon rapport, et l'impression qu'il faisait à l'époque reste la même. Si vous y entriez aujourd'hui, vous seriez accueilli par une immense arche de pierre portant une inscription défraichie, devise de l'école. "Memento Mori". Personne n'aime se souvenir qu'il va mourir, encore moins quand cette personne s'apprête à s'enfermer dans une tombe pour au moins 10 longs mois par an. Une tombe, au sens figuré comme au sens propre. Les cinq bâtiments de Prufrock ressemblant étrangement à des tombes géantes, on serait tenté de se croire devenu une fourmi perdue dans un grotesque cimetière. Grotesque signifiant ici "absurde à en pleurer".

Car à Prufrock, tout était absurde et à pleurer. La beauté des intérieurs qui suintaient les gros chèques des parents d'élèves était à pleurer. Les cours d'histoires barbantes, de mesures précises ou de course à cloche-pied étaient d'une absurdité sans nom. Le règlement était si absurde que j'ai eu les larmes aux yeux à force de le lire, et je n'ai jamais pu le terminer.

Tellement absurde qu'aux grandes heures de l'école, le mystérieux proviseur dont personne n'avait jamais pu voir le visage avait décidé d'ouvrir des filières d'études supérieures pour les plus érudits de ses élèves, et surtout ceux qui étaient prêts à payer les exorbitants frais de scolarité. Le proviseur adjoint Néro lui-même y dispensait des cours pour les oreilles musicales assidues (et accessoirement dépourvues d'ouïe).

Au-delà de son règlement complètement stupide, de ses locaux de luxe, de sa population de pensionnaires tous plus argentés les uns que les autres, l'Institut J. Alfred Prufrock était connu comme un établissement de charité dans le milieu de l'éducation. En effet, là où tous les autres pensionnats les refusaient, Prufrock accueillait en son sein des orphelins des quatre coins du monde, pour peu qu'ils aient de quoi rembourser leur onéreuse scolarité à leur majorité.

Je suis infiniment triste de vous dire que beaucoup de ces orphelins auraient mieux fait de faire la manche dans la rue.


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